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La situation de la dette grecque est tragique et n’ouvre que sur un choix cornélien entre le suicide et la mort. Du moins tel qu’il est posé à l’heure actuelle.

La Grèce (le pays n’étant que paradigmatique d’une situation) n’a plus les moyens de payer sa dette qui court et s’agrave de minutes en minutes, et pour essayer de contenir l’hémorragie les bailleurs exigent des sacrifices importants tels que le gel des salaires, l’augmentation des impôts directs et indirects, ou encore la privatisation d’entreprises et d’infrastructures.

Cette logique est aussi absurde que celle que fut en son temps le bonus-malus pour l’automobile. Comment espérer gagner de l’argent avec des impôts et une hausse de la TVA tout en réduisant les salaires et le pouvoir d’achat. C’est ne pas comprendre que le temps cognitif humain n’est ni le temps politique ni le temps économique. Evidemment que les répercutions psychologiques seront plus fortes que les retombées économiques. Un consommateur qui a peur achète moins et donc plus vous lui dites qu’il ne pourra consommer moins vous pourrez espérer lui vendre quelque chose ou en tirer profit. C’est simple comme bonjour, et ce qui s’applique à votre portefeuille s’applique a fortiori à vos concitoyens, qu’ils soient grecs ou pas.

Ensuite, privatiser les entreprises est également un très mauvais calcul. D’une part parce qu’en temps de crise la vente de ce patrimoine n’a aucune chance de recouvrir les créance des bailleurs et d’autre part cela prive l’État de ressources futures liées à ce potentiel économique: c’est donc être doublement sûr de ne pas retrouver son argent: maintenant et demain.

Le gros problème des contreparties exigées au renflouage de la dette (qui n’est lui-même qu’une extension de celle-ci) est qu’il demande à la Grèce qu’hypothéquer son avenir pour rembourser son présent, de sacrifier son avenir sur l’hôtel du présent sous prétextes de dévotions passées.

L’investissement dans un avenir solide seul permet d’espérer remettre le pays sur ses pieds: un investissement massif dans l’éducation et la formation, dans le maillage économique et dans un confort de vie appréciable, ce qui implique de donner au peuple l’outil de production de son avenir, plutôt que de privatiser, il faut nationaliser les banques de dépots et de comptes courants, les entreprises de services, les hôpitaux et les transports, plutôt que de vendre les autoroutes comme en France avec les résultats que l’on voit. C’est en donnant l’envie de vivre que l’homme consent à espérer. Sinon à quoi bon.

Au lieu de proposer à la Grèce de choisir entre la mort (la faillite) ou le suicide (liquider ce qui reste), il serait bon de changer un peu d’ornière et de commencer à penser l’existence sociale du point de vue humain plutôt qu’économique.

[En passant, sans doute est-ce une bonne chose que la France n’organise pas les jeux olympique, si dix ans après c’est la catastrophe (Sarajevo 1984/1992,  Lillehammer 1994/2011, Nagano 1998/2011, Athène 2004/2011…)]

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