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	<title>Non-Fiction</title>
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		<title>Cinéma clinique. Cas pratique: Filmer le Front National.</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Feb 2012 08:42:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benjamin Sylvand</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Pour le documentaire “Pourquoi votent-ils FN?&#8221; j&#8217;ai évidemment dû filmer des électeurs du Front National. En fait des militants très actifs et impliqués puisque les trois qui ont accepté d&#8217;être filmés se sont déjà présentés à une élection. Cela reflète la difficulté de filmer la politique et la pudeur fort ancrée d&#8217;afficher ses intentions de &#8230;<p><a href="http://bsylvand.wordpress.com/2012/02/01/cinema-clinique-cas-pratique-filmer-le-front-national/" class="more-link">Lire la Suite</a></p><img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=bsylvand.wordpress.com&amp;blog=12293351&amp;post=149&amp;subd=bsylvand&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Pour le documentaire “Pourquoi votent-ils FN?&#8221; j&#8217;ai évidemment dû filmer des électeurs du Front National. En fait des militants très actifs et impliqués puisque les trois qui ont accepté d&#8217;être filmés se sont déjà présentés à une élection. Cela reflète la difficulté de filmer la politique et la pudeur fort ancrée d&#8217;afficher ses intentions de vote, ce que je comprends et respecte. Si j&#8217;ai accepté de filmer ces trois représentants du Front National en toute connaissance de cause, ce n&#8217;était certainement pas dans l&#8217;idée de leur donner une tribune ou l&#8217;occasion de faire de la propagande. C&#8217;est là le privilège du cinéaste sur le journaliste&#8230;. (suite <a href="http://real-fiction.fr/archives/1997" target="_blank">http://real-fiction.fr/archives/199</a><a href="http://real-fiction.fr/archives/1997" target="_blank">7</a>)</p>
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		<title>Le temps que ça prend (filmer le documentaire)</title>
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		<pubDate>Thu, 03 Nov 2011 12:50:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benjamin Sylvand</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Filmer prend du temps et dire cela n&#8217;est pas une simple lapalissade, d&#8217;autant que le temps que ça prend n&#8217;est pas nécessairement là où on le penserait de prime abord. Tout l&#8217;intérêt du documentaire, ou du moins d&#8217;une certaine forme de documentaire, est de filmer en minimisant au maximum la profilmie, c&#8217;est-à-dire la perturbation qu&#8217;entraine &#8230;<p><a href="http://bsylvand.wordpress.com/2011/11/03/le-temps-que-ca-prend-filmer-le-documentaire/" class="more-link">Lire la Suite</a></p><img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=bsylvand.wordpress.com&amp;blog=12293351&amp;post=145&amp;subd=bsylvand&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Filmer prend du temps et dire cela n&#8217;est pas une simple lapalissade, d&#8217;autant que le temps que ça prend n&#8217;est pas nécessairement là où on le penserait de prime abord.</p>
<p>Tout l&#8217;intérêt du documentaire, ou du moins d&#8217;une certaine forme de documentaire, est de filmer en minimisant au maximum la profilmie, c&#8217;est-à-dire la perturbation qu&#8217;entraine le fait de filmer. Simplement parce qu&#8217;il n&#8217;est pas naturel d&#8217;être filmé et donc cela engendre un comportement tout aussi peu naturel, généralement de défense, quelque soit sa forme, mais aussi parfois il est tout simplement pas naturel, au sens habituel, d&#8217;être observé dans certaines situations. En particulier toutes les activités de savoir-faires et de compétences s&#8217;effectuent le plus souvent dans une sorte d&#8217;auto-hypnose, de semi-veille automatique dans laquelle le corps prend le pas sur l&#8217;esprit. Dans ce genre de situation l&#8217;attention de l&#8217;agent se focalise plus sur ce qui ne va pas dans le processus que sur ce qu&#8217;il doit faire. Il a une tâche à réaliser, un but à atteindre et il s&#8217;y attelle. L&#8217;exemple le plus courant sans doute est celui de la conduite automobile: vous ne passez pas les vitesses en décomposant l&#8217;ensembles phases nécessaire à cette action à moins que vous n&#8217;appreniez à conduire.</p>
<p>L&#8217;observation et la caméra induisent deux formes de comportements parasites que le cinéaste cherche justement à contourner: la première est l&#8217;auto-observation de l&#8217;agent qui se regarde entrain de faire ce qu&#8217;il fait. Ce faisant il dépouille le cinéaste de son intérêt propre et donc l&#8217;impression d&#8217;usurper le rôle du spectateur ou bien de prétendre savoir faire ce qu&#8217;il est censé faire. La scène tombe comme un soufflé. L&#8217;autre attitude consiste justement jouer tel que l&#8217;agent pense que le spectateur voudrait qu&#8217;il se comporte. Là l&#8217;intérêt n&#8217;est plus sur la tâche elle-même mais sur l&#8217;agent qui roule des mécaniques. L&#8217;effet de spontanéité et de sincérité disparait aussitôt.</p>
<p>Comment faire alors pour contourner la profilmie et filmer la spontanéité et a sincérité, en un mot l&#8217;innocence de l&#8217;agent?</p>
<p>Une solution efficace tient dans la temporalité: le temps que cela prend d&#8217;observer une situation. Lorsqu&#8217;un maître artisan transmet un savoir faire, la technique qu&#8217;il emploie le plus naturellement et le plus efficacement est l&#8217;observation. L&#8217;apprenti regarde faire. Et même s&#8217;il ne fait que passer le balais ou donner l&#8217;impression de ne rien faire d&#8217;important concernant la tâche, le geste et le savoir-faire qu&#8217;il est censé apprendre, il apprend par infusion lente, par observation, par écoute. Il voit faire l&#8217;artisan, et surtout il voit comment il fait. Son attitude, son état d&#8217;esprit, sa manière d&#8217;amener le geste, de préparer la tache, tout cela est important. C&#8217;est une attitude, un comportement qu&#8217;il apprend. Et le maître n&#8217;a mieux à faire de faire ce qu&#8217;il fait et de se laisser observer.</p>
<p>La caméra &#8212; c&#8217;est-à-dire le cinéaste, l&#8217;opérateur &#8212; doit se trouver dans la même attitude. Cela exige du temps, de la confiance, de l&#8217;observation.</p>
<p>Ce temps on peut le prendre, tel l&#8217;apprentissage, sur la durée: observer pendant un long laps de temps avant de commencer à filmer. Mais ce temps on ne l&#8217;a pas toujours.</p>
<p>Une autre méthode, tout aussi efficace même si les résultats sont un peu différent, est de prendre du temps à la prise de vue. Filmer quelqu&#8217;un pendant un bon moment et vous verrez le résultat. AU bout de 20 minutes son attention baisse, c&#8217;est normal et naturel, la caméra filme alors la personne telle qu&#8217;elle est et non plus telle qu&#8217;elle se donne à voir à la caméra. Poussez les scènes le plus longtemps possible et voyez les portes que cela ouvre sur l&#8217;agent.</p>
<p>Cela exige du temps, et cette temporalité se ressent aussi à l&#8217;écran. Même si vous monter le tout en coupant à tout va et en rythmant les parties, cette apesanteur se ressent et peut ennuyer, justement parce qu&#8217;elle montre et qu&#8217;il faut voir, observer, pour comprendre. Mais alors l&#8217;image montre une réalité immédiate, fraiche et sincère à laquelle le cinéaste doit se préparer pour la capter au mieux.</p>
<p>Prendre le temps de la spontanéité. Ce n&#8217;est pas un paradoxe pragmatique, juste du bon sens de cinéaste&#8230;</p>
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		<item>
		<title>Sur l&#8217;improvisation au cinéma</title>
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		<pubDate>Sat, 22 Oct 2011 18:31:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benjamin Sylvand</dc:creator>
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		<description><![CDATA[L&#8217;improvisation au cinéma ne concerne, en définitive, que les techniciens, dans la mesure où aucun plan précis, aucune partition n&#8217;est donnée a priori de sorte qu&#8217;il est impossible de répéter et de préparer le tournage en minimisant tout impondérable au point de de le rendre quasi nu, et de punir tout écart au plan initial &#8230;<p><a href="http://bsylvand.wordpress.com/2011/10/22/sur-limprovisation-au-cinema/" class="more-link">Lire la Suite</a></p><img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=bsylvand.wordpress.com&amp;blog=12293351&amp;post=134&amp;subd=bsylvand&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L&#8217;improvisation au cinéma ne concerne, en définitive, que les techniciens, dans la mesure où aucun plan précis, aucune partition n&#8217;est donnée a priori de sorte qu&#8217;il est impossible de répéter et de préparer le tournage en minimisant tout impondérable au point de de le rendre quasi nu, et de punir tout écart au plan initial comme un erreur d&#8217;inattention ou un acte de rébellion.</p>
<p>Le scénario, le storyboard et le plan de tournage ont fonction de partition et de guide normatif. Mais leur absence ne suffit certainement pas pour parler d&#8217;improvisation, sinon en un sens péjoratif pour signifier qu&#8217;il n&#8217;y a pas de film du tout.</p>
<p>C&#8217;est l&#8217;idée du film qui est nécessaire pour passer à l&#8217;acter et à la réalisation. Celle-ci se transcrit sous forme de synopsis, de scénario, de storyboard et autre plan de tournage que pour s&#8217;exprimer sous différents dialectes suivant le corps de métier auquel on s&#8217;adresse. Le storyboard n&#8217;est pas autre chose que le scénario destiné au cadreur. Dans le cas où l&#8217;équipe est telle qu&#8217;il n&#8217;est pas nécessaire d&#8217;opérer toutes ces transcriptions, leur absence ne signifie pas leur potentialité, si nécessaire.</p>
<p>L&#8217;improvisation n&#8217;est donc pas l&#8217;absence d&#8217;intention. Elle est la mise en acte d&#8217;une intention à travers la sélection d&#8217;une situation précise sans qu&#8217;une description de son déroulement soit arrêté a priori. Autrement dit, une place est laissé à l&#8217;expérience, au sens d&#8217;imprévisibilité de l&#8217;acte lui-même lors de son passage à la concrétisation. L&#8217;idée est de ne pas brider la spontanéité du passage au réel par l&#8217;acte. Cependant cet acte est souhaité et attendu, en ce sens ses conditions de réalisation sont déterminées et préparées avec minutie de sorte que tout ce qui peut advenir dans le cadre du tournage concoure à l&#8217;apparition de cette action à l&#8217;exclusion de toute autre. Improviser ne signifie pas s&#8217;attendre à rien ou à l&#8217;importe quoi, mais au contraire à s&#8217;attendre à ce que quelque chose se produise sans savoir quelle forme précise cela prendra.</p>
<p>En somme, plus que d&#8217;expérience c&#8217;est d&#8217;expérimentation dont il faudrait parler, à l&#8217;image d&#8217;une expérience scientifique qui vise à vérifier, soutenir ou falsifier une hypothèse, c&#8217;est-à-dire un élément attendu suivant une certaine compréhension du monde qu&#8217;il s&#8217;agit de mettre à l&#8217;épreuve de ce monde-même. Pour savoir si ce qui advient corrobore ou non l&#8217;hypothèse il faut bien que celle-ci ait précisé auparavant ce qu&#8217;elle attendait.</p>
<p>De sorte que l&#8217;événement ne dit rien de précis sur lui-même sinon sa venue, mais dit beaucoup sur l&#8217;hypothèse et donc sur la compréhension du monde mise à l&#8217;épreuve. Plus que du monde lui-même c&#8217;est de notre manière de l&#8217;appréhender qu&#8217;il nous informe.</p>
<p>L&#8217;improvisation suppose donc la mise en place précise d&#8217;un cadre de l&#8217;expérience pour provoquer une événement le plus conforme possible à notre attente sans le maîtriser pour autant.</p>
<p>Cela signifie qu&#8217;il est possible &#8211; au moins théoriquement &#8211; d&#8217;obtenir d&#8217;un participant exactement ce qu&#8217;un scénario lui aurait commandé, mais de lui-même. Cela n&#8217;est possible qu&#8217;avec un travail préparatoire très précis, qui amène le participant à se comporter naturellement de la manière souhaitée.</p>
<p>En somme, l&#8217;événement attendu doit être l&#8217;action la plus pertinente possible dans les circonstances de la situation. Un travail de bonne intelligence avec l&#8217;ensemble des participants et de l&#8217;équipe permet cela sans trop de difficulté. Il est même amusant de constater que lorsque ce travail est entamé il est extrêmement difficile et pénible aux participants de ne pas l&#8217;achever, un peu comme il est impossible de résister à ne pas tirer la conclusion d&#8217;un raisonnement. Un participant qui comprend le processus tout en ne voulant par se faire filmer, ou bien s&#8217;évertue à démonter la pertinence du processus ou bien, et plus généralement, revient après un moment en demandant de lui-même à participer et à être filmé pour aboutir le processus.</p>
<p>Il faut ajouter à cela le fait que ce processus ne peut fonctionner que s&#8217;il est compatible avec le système de représentation du participant. Un peu comme en hypnose, il est impossible de faire faire à un participant ce qu&#8217;il ne veut pas faire, c&#8217;est-à-dire quelque chose d&#8217;incompatible avec son système de représentation du monde.</p>
<p>D&#8217;un autre côté, lorsque le processus est bien établi et construit, le participant est capable de faire des choses dont on ne l&#8217;aurait jamais cru capable, ni lui-même d&#8217;ailleurs et même que l&#8217;on n&#8217;aurait pas imaginer. Mais cette inhibition n&#8217;est pas totale puisque contenue dans les limites propres de ce qui est acceptable pour le participant et n&#8217;est possible que dans une relation forte de confiance réciproque.</p>
<p>Cette surprise de l&#8217;action et du passage à l&#8217;acte dans un cadre précis et déterminé d&#8217;une expérience souhaité et attendue est précisément l&#8217;improvisation: le fait que le participant se détermine lui-même dans l&#8217;espace qui lui est imparti.</p>
<p>Ce n&#8217;est finalement donc que prêter attention à ce que le participant est et fait, de lui-même, dans le monde tel qu&#8217;il l&#8217;appréhende. Et c&#8217;est cette simplicité, c&#8217;est évidence, qu&#8217;il est justement très difficile d&#8217;atteindre et d&#8217;observer sans la dénaturer. La spontanéité de l&#8217;action dans la représentation, voilà ce qu&#8217;est l&#8217;improvisation.</p>
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		<title>Le suicide ou la mort</title>
		<link>http://bsylvand.wordpress.com/2011/09/16/le-suicide-ou-la-mort/</link>
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		<pubDate>Fri, 16 Sep 2011 13:34:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benjamin Sylvand</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La situation de la dette grecque est tragique et n&#8217;ouvre que sur un choix cornélien entre le suicide et la mort. Du moins tel qu&#8217;il est posé à l&#8217;heure actuelle. La Grèce (le pays n&#8217;étant que paradigmatique d&#8217;une situation) n&#8217;a plus les moyens de payer sa dette qui court et s&#8217;agrave de minutes en minutes, &#8230;<p><a href="http://bsylvand.wordpress.com/2011/09/16/le-suicide-ou-la-mort/" class="more-link">Lire la Suite</a></p><img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=bsylvand.wordpress.com&amp;blog=12293351&amp;post=129&amp;subd=bsylvand&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La situation de la dette grecque est tragique et n&#8217;ouvre que sur un choix cornélien entre le suicide et la mort. Du moins tel qu&#8217;il est posé à l&#8217;heure actuelle.</p>
<p>La Grèce (le pays n&#8217;étant que paradigmatique d&#8217;une situation) n&#8217;a plus les moyens de payer sa dette qui court et s&#8217;agrave de minutes en minutes, et pour essayer de contenir l&#8217;hémorragie les bailleurs exigent des sacrifices importants tels que le gel des salaires, l&#8217;augmentation des impôts directs et indirects, ou encore la privatisation d&#8217;entreprises et d&#8217;infrastructures.</p>
<p>Cette logique est aussi absurde que celle que fut en son temps le bonus-malus pour l&#8217;automobile. Comment espérer gagner de l&#8217;argent avec des impôts et une hausse de la TVA tout en réduisant les salaires et le pouvoir d&#8217;achat. C&#8217;est ne pas comprendre que le temps cognitif humain n&#8217;est ni le temps politique ni le temps économique. Evidemment que les répercutions psychologiques seront plus fortes que les retombées économiques. Un consommateur qui a peur achète moins et donc plus vous lui dites qu&#8217;il ne pourra consommer moins vous pourrez espérer lui vendre quelque chose ou en tirer profit. C&#8217;est simple comme bonjour, et ce qui s&#8217;applique à votre portefeuille s&#8217;applique a fortiori à vos concitoyens, qu&#8217;ils soient grecs ou pas.</p>
<p>Ensuite, privatiser les entreprises est également un très mauvais calcul. D&#8217;une part parce qu&#8217;en temps de crise la vente de ce patrimoine n&#8217;a aucune chance de recouvrir les créance des bailleurs et d&#8217;autre part cela prive l&#8217;État de ressources futures liées à ce potentiel économique: c&#8217;est donc être doublement sûr de ne pas retrouver son argent: maintenant et demain.</p>
<p>Le gros problème des contreparties exigées au renflouage de la dette (qui n&#8217;est lui-même qu&#8217;une extension de celle-ci) est qu&#8217;il demande à la Grèce qu&#8217;hypothéquer son avenir pour rembourser son présent, de sacrifier son avenir sur l&#8217;hôtel du présent sous prétextes de dévotions passées.</p>
<p>L&#8217;investissement dans un avenir solide seul permet d&#8217;espérer remettre le pays sur ses pieds: un investissement massif dans l&#8217;éducation et la formation, dans le maillage économique et dans un confort de vie appréciable, ce qui implique de donner au peuple l&#8217;outil de production de son avenir, plutôt que de privatiser, il faut nationaliser les banques de dépots et de comptes courants, les entreprises de services, les hôpitaux et les transports, plutôt que de vendre les autoroutes comme en France avec les résultats que l&#8217;on voit. C&#8217;est en donnant l&#8217;envie de vivre que l&#8217;homme consent à espérer. Sinon à quoi bon.</p>
<p>Au lieu de proposer à la Grèce de choisir entre la mort (la faillite) ou le suicide (liquider ce qui reste), il serait bon de changer un peu d&#8217;ornière et de commencer à penser l&#8217;existence sociale du point de vue humain plutôt qu&#8217;économique.</p>
<p>[En passant, sans doute est-ce une bonne chose que la France n'organise pas les jeux olympique, si dix ans après c'est la catastrophe (Sarajevo 1984/1992,  Lillehammer 1994/2011, Nagano 1998/2011, Athène 2004/2011...)]</p>
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		<title>Peut-on forcer un artiste à ne pas créer?</title>
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		<pubDate>Thu, 01 Sep 2011 08:48:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benjamin Sylvand</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La justice norvégienne a condamné le 17 août 2011, à deux ans de prison, l&#8217;artiste Odd Nerdrum pour fraude fiscale. Cette peine est assortie d&#8217;une interdiction de peindre durant l&#8217;incarcération du fait que la loi norvégienne interdisant les détenus d&#8217;exercer une activité commerciale. Contraindre au silence un artiste n&#8217;est pas un cas isolé. En ce &#8230;<p><a href="http://bsylvand.wordpress.com/2011/09/01/peut-on-forcer-un-artiste-a-ne-pas-creer/" class="more-link">Lire la Suite</a></p><img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=bsylvand.wordpress.com&amp;blog=12293351&amp;post=123&amp;subd=bsylvand&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La <span style="color:#808080;"><a title="Condamnation Odd Nerdrum" href="http://www.artclair.com/site/archives/docs_article/88042/l-artiste-norvegien-odd-nerdrum-condamne-a-deux-ans-de-prison-avec-interdiction-de-peindre.php" target="_blank"><span style="color:#808080;">justice norvégienne</span></a></span> a condamné le 17 août 2011, à deux ans de prison, l&#8217;artiste Odd Nerdrum pour fraude fiscale. Cette peine est assortie d&#8217;une interdiction de peindre durant l&#8217;incarcération du fait que la loi norvégienne interdisant les détenus d&#8217;exercer une activité commerciale.</p>
<p>Contraindre au silence un artiste n&#8217;est pas un cas isolé. En ce moment le chinois <span style="color:#808080;"><a title="Ai Weiwei" href="http://www.aiweiwei.com/" target="_blank"><span style="color:#808080;">Ai Weiwei</span></a></span> est assigné à résidence avec l&#8217;obligation de se taire tout comme le cinéaste iranien <span style="color:#808080;"><a title="Jafar Panahi" href="http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2010/12/20/le-cineaste-iranien-jafar-panahi-condamne-a-6-ans-de-prison_1456081_3216.html" target="_blank"><span style="color:#808080;">Jafar Panahi</span></a></span>, et ce ne sont que la face cachée de l&#8217;iceberg. Il semble loin le temps où le mathématicien André Weil pouvait écrire dans <em>The apprenticeship of a mathematician</em>:</p>
<blockquote><p>My mathematics work is proceeding beyond my wildest hopes, and I am even a bit worried  - if it is only in prison that I work so well, will I have to arrange to spend two or three months locked up every year (p.146)</p></blockquote>
<p>Le peintre Jean Fautrier trouvra lui asile dans l&#8217;hôpital psychiatrique de Châteney-Malabry où il pouvait se consacrer entièrement à son art.</p>
<p>Certes les prisons ne sont pas censées être des havres de paix (bien qu&#8217;elles soient censées être des havres pour la paix n&#8217;est-ce pas?) ce sont parmi les rares endroits laïcs de réclusion.</p>
<p>Cependant le problème n&#8217;est pas tellement où trouver le calme pour créer qui pose ici problème mais bien la possibilité même de créer. Que la loi norvégienne interdise la pratique d&#8217;activités commerciales au sein des prisons est une mesure de bon sens qui éviterait qu&#8217;elles soient utilisées comme des camps de travail à moindre coût, même aux<span style="color:#808080;"> <a title="travail prison USA" href="http://mikechamberslive.com/?p=10108" target="_blank"><span style="color:#808080;">États-Unis</span></a></span>. Le problème est ou bien de considérer l&#8217;activité artistique comme une activité commerciale comme c&#8217;est le cas dans notre économie actuelle, avec les dérives spéculatives que cela entraine, ou bien de considérer que la création artistique est une activité comme une autre. À La différence de la quasi totalité des autres activités, la création artistique ne peut être déléguée à une autre personne que l&#8217;artiste lui-même. La sous-traitance en art ne vérifie pas la transitivité de l&#8217;activité artistique (ce n&#8217;est pas parce qu&#8217;un fondeur coule une statue et non l&#8217;artiste lui-même que le fondeur est l&#8217;auteur de la statue) pas plus que la commande ou le mécénat. S&#8217;il est possible de remplacer un employé dans une structure, il n&#8217;est pas possible de remplacer un artiste pou une même tâche. Si je dis que cela vaut pour la quasi-totalité des activités il faut entendre qu&#8217;il en va de même pour toutes les activités de création, comme dans le cas par exemple des mathématiques avec l&#8217;exemple d&#8217;André Weil.</p>
<p>Pourquoi? Et bien parce que par définition les activités de création exigent d&#8217;agencer le monde d&#8217;une manière inédite auparavant et cela passe, dans l&#8217;espèce humaine, par l&#8217;individu.  Un individu capable de s&#8217;extraire de la structure actuelle de la conception du monde pour en découvrir de nouveaux aspects. La prevue de l&#8217;hypothèse de Riemann pour les fonctions zêtas des courbes sur les corps finis que donne Weil en 1940 lorsqu&#8217;il est en prison est une avancée importante pour la géométrie algébriste. La création ou la découverte pose le problème de l&#8217;auteur et de la propriété de cette création ou cette découverte. La preuve de l&#8217;hypothèse mathématique est-elle une création du mathématicien, une découverte de sa part? La question semble à la fois étrange mais difficile à trancher. Qu&#8217;en-est-il de l&#8217;Amérique: est-ce une découverte de Colomb et en ce sens la propriété lui en reviendrait de droit?</p>
<p>Les idées, comme les vérités mathématiques, n&#8217;appartiennent à personne en propre, elles sont simplement des agencements du monde. L&#8217;hypothèse de Reimann et sa preuve font parties du monde et sont vraies du fait du monde qui les vérifie et c&#8217;est parce qu&#8217;il y a le monde qu&#8217;elles sont vraies. Affirmer cela n&#8217;est pas endosser un relativisme puisqu&#8217;il n&#8217;est pas possible de changer l&#8217;hypothèse de Reimann sans changer le monde dans son entier, mais c&#8217;est échapper aussi à un idéalisme naïf qui accepterait la vérité de l&#8217;hypothèse indépendamment du monde. Les vérités sont matérielles, à travers le monde dans lequel nous vivons. Découvrir ou inventer, révéler, expliciter et mettre en lumière ces vérités comme les faits est donc tout à fait essentiel pour notre compréhension du monde et notre manière de l&#8217;habiter. Si ces idées sont intimement liées au monde cela signifie que le fait de les découvrir est contingent: que ce soit André Weil qui ait prouvé cette hypothèse est un fait contingent, et s&#8217;il avait été tué avant quelqu&#8217;un d&#8217;autre l&#8217;aurait sans doute découvert plus tard, ou avant. Tout comme l&#8217;Amérique. En ce sens André Weil n&#8217;est pas plus indispensable que n&#8217;importe quel employé de n&#8217;importe quelle structure. Certes, et pourtant l&#8217;impression reste que la singularité de André Weil fait peu auraient été capables de faire cette preuve. Peu c&#8217;est déjà beaucoup mais pas assez pour les gâcher. Or une simple interdiction d&#8217;utiliser du papier et du crayon, ou même simplement de penser, de s&#8217;exprimer dans une geôle rouennaise aurait fait taire cette preuve et perdre beaucoup de temps à la pensée mathématique. Un penseur peut donc être remplacé par tout autre, du moment qu&#8217;il pense.</p>
<p>Sans dire que les films que pourrait faire Jafar Panahi ou les performances de Ai Weiwei seraient des chefs-d&#8217;œuvres (le syndrome Salman Rushdie), le fait même de priver le monde d&#8217;un possibilité est l&#8217;amputer à jamais d&#8217;un agencement possible, c&#8217;est couper une branche de l&#8217;arbre de l&#8217;évolution avant de savoir où elle mène, c&#8217;est atrophier la pensée humaine de ce qui pourra la faire s&#8217;épanouir, c&#8217;est refuser l&#8217;avenir et barricader le futur. Le changement et l&#8217;évolution font peur parce qu&#8217;ils sont dynamiques, ouvrent vers l&#8217;inconnu et le risque, mais ils sont nécessaires parce qu&#8217;ils font partie intégrante de la structure du monde. Si nous n&#8217;avions pas besoin de penser l&#8217;évolution aurait depuis longtemps fait l&#8217;impasse sur la pensée.</p>
<p>Vous me direz que si l&#8217;argument était si efficace pourquoi reste-t-il de la bêtise? Sans doute pour qu&#8217;elle soit combattue par la pensée, justement&#8230;</p>
<p>Empêcher un artiste de créer tout comme un individu de s&#8217;exprimer c&#8217;est refuser l&#8217;humanité de l&#8217;humain, c&#8217;est vouloir vivre dans un monde qui n&#8217;est pas celui dans lequel nous vivons.</p>
<p>Cela dit la question de la propriété et du commencer des idées, de l&#8217;expression et de la création reste à poser, mais c&#8217;est une question qui touche la société et non l&#8217;individu.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h2></h2>
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		<title>Morale et mémoire</title>
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		<pubDate>Thu, 25 Aug 2011 17:42:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benjamin Sylvand</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La notion de justice est difficile à cerner d&#8217;un point de vue individuel, et le contraste avec la procédure du système américain que les français ont appris à connaître ces derniers mois met le doigt sur la distinction entre justice et vengeance. Ce qui a surpris dans un premier temps est que dans la procédure &#8230;<p><a href="http://bsylvand.wordpress.com/2011/08/25/morale-et-memoire/" class="more-link">Lire la Suite</a></p><img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=bsylvand.wordpress.com&amp;blog=12293351&amp;post=118&amp;subd=bsylvand&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La notion de justice est difficile à cerner d&#8217;un point de vue individuel, et le contraste avec la procédure du système américain que les français ont appris à connaître ces derniers mois met le doigt sur la distinction entre justice et vengeance.</p>
<p>Ce qui a surpris dans un premier temps est que dans la procédure pénale américaine ce n&#8217;est pas la plaignante qui accuse mais l&#8217;État par l&#8217;intermédiaire du procureur. Cela souligne avec insistante le fait que la justice se rend au nom de la société et non pas d&#8217;un particulier: il s&#8217;agit de trancher les comportements acceptés socialement et non pas demander dommage et réparation pour un préjudice subit, ce qui intervient dans la procédure civile. Vouloir remplacer les juges et décider soi-même ce qui est Bien ou Mal ou ce que l&#8217;on accepte ou pas n&#8217;est pas rendre justice mais se venger. Vengeance qui est le terreau de l&#8217;injustice et du désordre social.</p>
<p>Dans l&#8217;affaire DSK, la justice a tranché et acté un non-lieu. Dire cela n&#8217;est pas dire que le prévenu n&#8217;a pas commis d&#8217;acte mais c&#8217;est dire qu&#8217;il est impossible de justifier que cet acte relève d&#8217;un crime ou d&#8217;un délit répréhensible socialement. Tout au plus l&#8217;acte est-il “déplacé&#8221; mais ne remet pas en cause les fondements des interactions sociales tolérables et tolérées.</p>
<p>La justice en tant que telle ne relève pas de la morale au sens religieux du terme. La justice ne tranche pas le Bien ou le Mal avec une capitale mais le bien et le mal selon la société et encore par abus de langage.  La justice se contente de manifester la norme sociale d&#8217;un groupe donné, ni plus ni moins. Cela signifie qu&#8217;il est possible de ne pas être en accord avec cette norme et donc de s&#8217;exclure de ce groupe ou de vouloir le réformer pour changer le système de normes et de règles qui scelle le pacte et le contrat social.</p>
<p>Une fois que la justice a tranché selon cette norme, la règle veut que tout membre du groupe relevant de cette norme, accepte cette décision au nom de la société. Cette décision doit être aussi franche que le jugement et ne souffre d&#8217;aucune nuance. Soit la décision est acceptée soit elle est rejetée en bloc. Ce caractère absolu de la justice est nécessaire pour préserver la cohérence et mettre un terme à une régression <em>ad infinitum</em> de l&#8217;incrédulité. La paradoxe carollien de la tortue qui comprend le verdict et en reconnaît la validité mais ne l&#8217;accepte pas touche aussi bien la déduction logique que la décision de justice<span><span style="color:#999999;"> [</span><em><a style="color:#999999;" title="What the Tortoise Said to Achilles, Lewis Carroll" href="http://www.ditext.com/carroll/tortoise.html" target="_blank">What the Tortoise Said to Achilles,</a><span style="color:#999999;"> </span></em><a style="color:#808080;" title="What the Tortoise Said to Achilles, Lewis Carroll" href="http://www.ditext.com/carroll/tortoise.html" target="_blank"><span style="color:#808080;">Lewis Carroll</span></a></span>] . Ne pas accepter la décision de la justice c&#8217;est vouloir faire vengeance et passer outre la société, douter de la capacité à la justice d&#8217;évaluer un acte ou un fait vis-à-vis de la norme sociale et vouloir qu&#8217;elle le fasse suivant un critère absolu et transcendant de Bien et de Mal et donc confondre justice et morale. Mais aussi c&#8217;est penser que la rumeur est suffisante pour justifier une réponse à un acte, un fait ou un comportement, alors même que le propre de la rumeur et de ne pas être justifiée, c&#8217;est donc demander justice sans justification et revêtir l&#8217;attitude de la tortue.</p>
<p>L&#8217;acceptation d&#8217;un décision de justice demande du temps.</p>
<p>Or mémoire et temps ne font pas nécessairement bon ménage, paradoxalement. La mémoire exige un tri et une sélection d&#8217;éléments à retenir, et ceux qui sont considérés moins importants, moins intéressants ou moins pertinents s&#8217;estompent peu à peu ou être tout à fait oubliés. Et avec une bonne communication et une dose de manipulation il est possible de forcer à la sélection de certains faits, par lavage de cerveau, propagande, dissimulation d&#8217;information ou autre méthode.</p>
<p>En politique, l&#8217;un des moyens d&#8217;effacer la mémoire des citoyens s&#8217;appelle la “traversée du désert&#8221;: en se mettant à l&#8217;écart et en se faisant oublier un peu le pubic fini ou bien par vous oublier ou bien par oublier ce qui l&#8217;avait amené à vous déprécier. Ainsi avec du temps, des informations savamment dissimulées, tues ou romancées il est possible pour un ancien premier ministre condamné de redevenir ministre au bout de quelque temps, et c&#8217;est comme cela que des ministres en exercices ne sont pas aussi irréprochables au yeux de la justice tout en restant en exercice (par exemple un article déjà ancien de l&#8217;<a title="article Express" href="http://www.lexpress.fr/actualite/politique/ces-elus-condamnes-et-reelus_769221.html" target="_blank"><span style="color:#808080;">Express</span> </a>avec la liste des personnalités politiques condamnées et élues, ou ici un diaporama de<span style="color:#808080;"> <a title="diaporama 20 Minutes" href="http://www.20minutes.fr/diaporama/611-1-0-0-Quand-la-justice-condamne-les-politiques-francais.php" target="_blank"><span style="color:#808080;">20 Minutes</span></a></span>).</p>
<p>Dans le même ordre d&#8217;idée un footballeur comme  Franck Ribéry ou Karim Benzema peut avoir eut recours aux services d&#8217;une prostituée mineure (la fameuse Zahia) sans pour autant que cela porte à conséquence sur leur carrière, Franck Ribéry venant par exemple d&#8217;être rappelé pour porter les couleurs de l&#8217;équipe de France de football. Cela est probablement rendu possible autant par ses capacités propres et son talent que par l&#8217;oubli de la part du public de ce comportement déplacé (<span style="color:#808080;"><a title="Zahia Ribéry Le Point" href="http://www.lepoint.fr/societe/affaire-zahia-ribery-et-benzema-dans-la-tourmente-21-07-2010-1216922_23.php" target="_blank"><span style="color:#808080;">dépêche AFP reprise par Le Point</span></a></span>).</p>
<p>En définitive qu&#8217;importe l&#8217;évaluation d&#8217;un comportement, d&#8217;un fait et d&#8217;un acte au regard de la morale absolue (si jamais cette notion a un sens) pour la société s&#8217;il est conforme à la justice, c&#8217;est-à-dire, par abus de langage là encore, conforme à la morale sociale. Et la justice est passablement ennuyeuse pour une large portion du public qui tend ou bien à ignorer ou bien oublier ses décisions.</p>
<p>Suivant ce qui précède, aux vues des qualités et des compétences de Dominique Strauss-Kahn il est fort à parier qu&#8217;après une traversée du désert il puisse à nouveau exercer des responsabilités politiques de premier plan. Comme quoi la morale et la mémoire ne sont pas un couple bien fidèle.</p>
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		<title>Savoir que pour savoir comment</title>
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		<pubDate>Sat, 20 Aug 2011 10:28:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benjamin Sylvand</dc:creator>
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		<description><![CDATA[C&#8217;est une chose de savoir faire quelque chose s&#8217;en est une autre de savoir qu&#8217;en faire. Gilbert Ryle établit la distinction entre &#8220;knowing how&#8221; and &#8220;know that&#8221; dans The Concept of Mind (1949). Le &#8220;savoir comment&#8221; (knowing how) désigne un savoir d&#8217;aptitude, une capacité ou une compétence, le &#8220;savoir que&#8221; (knowing that) est un savoir propositionnel, une &#8230;<p><a href="http://bsylvand.wordpress.com/2011/08/20/savoir-que-pour-savoir-comment/" class="more-link">Lire la Suite</a></p><img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=bsylvand.wordpress.com&amp;blog=12293351&amp;post=111&amp;subd=bsylvand&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>C&#8217;est une chose de savoir faire quelque chose s&#8217;en est une autre de savoir qu&#8217;en faire. Gilbert Ryle établit la distinction entre &#8220;knowing how&#8221; and &#8220;know that&#8221; dans <em>The Concept of Mind</em> (1949). Le &#8220;savoir comment&#8221; (knowing how) désigne un savoir d&#8217;aptitude, une capacité ou une compétence, le &#8220;savoir que&#8221; (knowing that) est un savoir propositionnel, une connaissance théorique. L&#8217;objectif n&#8217;est pas ici de participer au débat philosophique copieux sur cette distinction, mais de mettre en perspective une situation banale à l&#8217;aune de cette distinction.</p>
<p>Le problème est trivial: l&#8217;accès à l&#8217;outil voire à son maniement est-il suffisant pour développer la compétence de son usage? Posons le en des termes plus simples encore: le fait de pouvoir acheter un logiciel de montage ou de graphisme est-il suffisant pour être monteur ou graphiste? Le fait d&#8217;acheter une caméra professionnelle fait-il ipso facto de son propriétaire un cinéaste?</p>
<p>La réponse immédiate est claire, sans appel et négative. Et pourtant elle demande justification.</p>
<p>Le problème se structure en différentes strates. D&#8217;un côté le développement et la diffusion des outils au sein du plus grand nombre, marque une avancée sociale et démocratique et ouvre la porte à une évolution possible liée à l&#8217;étendue des possibles explorés simultanément. L&#8217;accusation d&#8217;assassinat de mozarts vacille si tous ont accès à des moyens techniques d&#8217;expression suffisant. D&#8217;ailleurs les prétendants ne se privent pas d&#8217;inonder copieusement tous les canaux de diffusions mis leur disposition, en particulier sur internet. Cependant le nombre nuit à la lisibilité et s&#8217;il est possible qu&#8217;un génie se trouve parmi cette multitude, son cri est étouffé par le brouhaha ambiant et le rend presque plus inaudible que s&#8217;il prêchait au milieu du désert. Autrement dit l&#8217;accès aux moyens d&#8217;expression ne favorise pas l&#8217;identification de la qualité de ce qui est exprimé. Ajoutez à cela que des dits outils améliorent considérablement la qualité moyenne de rendu et brouille d&#8217;autant les cartes.</p>
<p>Cette difficulté se pose pédagogiquement également. L&#8217;idée de croire que de former de simples exécutants sachant manier les outils sans savoir pourquoi est une erreur, pour deux raisons: la première est que la manipulation de tels outils peut se faire facilement hors des sentiers classiques de formation et que donc la formation en question ne peut se contenter d&#8217;offrir ce que la lecture du manuel ou un tutoriel peut fournir, ensuite, la seconde, parce que la maîtrise de l&#8217;outil n&#8217;est pas suffisante pour en déterminer l&#8217;usage. L&#8217;intérêt de former des graphistes par exemple est non seulement de former des exécutants mais aussi des &#8220;graphistes&#8221; (sans parler pour autant de &#8220;directeurs artistiques&#8221; tant le terme est galvanisé et flou), c&#8217;est-à-dire des personnes capables de penser graphiquement, d&#8217;exprimer visuellement un propos articulé et donc à même de choisir la représentation la plus pertinente pour le faire. Posée ainsi la chaîne de production du graphiste est inverse à celle initiale: il faut d&#8217;abord former le graphiste à penser et à s&#8217;exprimer visuellement et ensuite le former aux outils lui permettant de réaliser et de concrétiser cette expression. Évidemment que la connaissance des outils permet d&#8217;approfondir la pensée elle-même et que l&#8217;un ne devrait pas aller sans l&#8217;autre, bien qu&#8217;il se rencontre des “directeurs artistiques&#8221; ou chargés de communication qui ignorent tout de la chaîne graphique et des exécutants qui ne pensent pas graphiquement, si jamais. Cet exemple est généralisable et ne vise aucune corporation, cela va s&#8217;en dire.</p>
<p>Le risque de l&#8217;outil est de s&#8217;y enfermer et de s&#8217;en retrouver prisonnier. Or l&#8217;outil, en particulier informatique se démode très vite et s&#8217;affine toujours plus et plus vite: les logiciels de graphisme ou de montagne d&#8217;il y a dix ans font offices de dinosaures et font rire les étudiants d&#8217;aujourd&#8217;hui sans savoir qu&#8217;ils seront tout aussi vite dépassés sous peu. Mais le pire étant de constater que les étudiants (là aussi la généralisation n&#8217;a qu&#8217;un but rhétorique dramatique) formés sur un logiciel sont désarçonnés devant un autre logiciel répondant aux mêmes fonctions: par exemple passer d&#8217;Indesign à QuarkXPress ou de Premiere à Final Cut, or même si la présentation et la couleur diffère ces outils sont censés être similaires et comparables.</p>
<p>De manière plus extrême encore demander à des étudiants en graphisme de concevoir un chemin de fer sans ordinateur les laisse aussi cois que perplexes, ou bien à des étudiants en montage comment faire un fondu enchainé avec de la pellicule les déboussolent complètement. Loin de prôner le retour à table à dessin ou à la table de montage, il faut s&#8217;inquiéter que le passage à l&#8217;informatique créé un fossé si infranchissable entre ces pratiques alors que ce sont les mêmes. L&#8217;objectif est dans tous les cas de faire de la mise en page ou d&#8217;assembler des plans. Le fondu enchaîné est le même dans son principe sur pellicule ou sur fichier numérique, il s&#8217;agit dans tous les cas de faire disparaître un plan par sur-imposition d&#8217;un autre de sorte que le premier s&#8217;estompe au profit du second. Comprendre cela c&#8217;est comprendre le mécanisme de ce qui est exprimé et c&#8217;est pouvoir élaborer ensuite une manière de l&#8217;exprimer: d&#8217;abord filmer un plan dont la luminosité baisse de plus en plus par fermeture du cache puis la superposition sur ce plan d&#8217;un autre dont la luminosité augmente de plus en plus par ouverture du cache de sorte que l&#8217;exposition de la sur-impression soit identique à celle des plans antérieurs et postérieurs et que l&#8217;atténuation en fondu sortant corresponde au fondu entrant du suivant dans l&#8217;impression. Il y aurait certainement une manière plus claire d&#8217;exprimer cela mais l&#8217;idée est là. Cette opération peut s&#8217;effectuer aussi bien avec une caméra argentique que numérique et se faire sur une table de montage (impliquant un re-filmmage) que sur un logiciel, mais plutôt que de mettre un filtre de transition vidéo pré-formaté, comprendre le mécanisme permet d&#8217;interagir directement sur les clips simplement en jouant sur la courbe de luminosité et la superposition. Savoir élaborer un chemin de fer avec une règle et un crayon sur du papier permet de commencer par constituer un gabarit avant de vouloir directement assembler des éléments donnés.</p>
<p>Il est possible de monter proprement sans jamais avoir vu de pellicule et de faire de la mise en page sans jamais utiliser de crayon si et seulement si la méthodologie employée est comparable et compatible avec elle utilisée sur une table de montage ou une table à dessin tout comme avec tout autre outil permettant de faire du montage ou de la mise en page. L&#8217;outil en lui-même est donc secondaire dans le processus. L&#8217;important alors étant de savoir <em>que</em> faire  pour savoir <em>comment</em> le faire. Le savoir théorique exige réflexion et recul sur ce qui est fait alors que la réalisation en elle-même exige simplement l&#8217;action. Mais l&#8217;action exige une direction. C&#8217;est pour cela qu&#8217;il y a des directeurs artistiques pour donner une perspective aux exécutants.</p>
<p>Mais l&#8217;opposition entre le savoir que et le savoir comment n&#8217;est pas une lutte des classes. Il ne s&#8217;agit pas de mettre face-à-face les cols blancs et les vestes bleues. Ce serait une terrible méprise. Le &#8220;savoir que&#8221; dessine une perspective, il faut prendre ce terme au sens fort. Alors que le &#8220;savoir comment&#8221; sait déjà ce qu&#8217;il faut faire et sait le faire, le &#8220;savoir que&#8221; examine comment ce qui est fait l&#8217;est afin de le corriger ou l&#8217;améliorer mais aussi et surtout doit chercher à savoir ce qui peut être fait: défricher des possibles, ouvrir des espaces et des horizons que le savoir comment devra peupler et occuper. Élaborer des hypothèses, élargir le champ des possibles, innover, créer, anticiper est l&#8217;une des fonctions du savoir théorique justement parce qu&#8217;il est théorique et abstrait et peut donc se soustraire à la contingence du présent. C&#8217;est parce que l&#8217;on cherche à exprimer de nouvelles formes d&#8217;articulation entre des plans que l&#8217;on cherche à développer de nouveaux outils de montage.</p>
<p>Les fonctions du &#8220;savoir comment&#8221; et du &#8220;savoir que&#8221; sont dont distinctes et différentes et c&#8217;est cela même qui justifie leurs complémentarités et donc leur nécessité. Se passer de l&#8217;un ou de l&#8217;autre c&#8217;est amputer sa capacité d&#8217;action et limiter considérablement son environnement.</p>
<p>Penser que dire suffit à dire quelque chose  et vouloir faire l&#8217;impasse sur le savoir que, et c&#8217;est ce qui rend si pauvre et si confus la masse inouïe de billevesées en tout genre qu&#8217;apporte le ressac des sites d&#8217;expressions personnelles, plus ou moins collaboratifs. Mieux vaut finalement quelqu&#8217;un qui se contente d&#8217;un savoir théorique, au moins il se tait et applique d&#8217;adage wittgensteinien  qui préconise le silence pour ce que l&#8217;on ne peut dire (&#8220;Whereof one cannot speak, thereof one must be silent&#8221;, <em>Tractatus Logico-Philosophicus</em>, proposition 7), qu&#8217;il faudrait amender en ajoutant que ce qu&#8217;il vaut mieux garder le silence quand on n&#8217;a rien à dire et chercher comment exprimer ce qu&#8217;on ne sait dire.</p>
<p>Si le &#8220;savoir comment&#8221; et le &#8220;savoir que&#8221; sont deux choses différentes et complémentaires, l&#8217;ordonnancement de cette paire est capitale. Commencer par le savoir comment est se limiter à ce que l&#8217;on sait déjà et à son environnement connu et donc laisser aucune marge de manœuvre à un savoir théorique cantonné à un méta-discours ratiocinateur qui aura bien du mal à passe pour autre chose que rabat-joie et en retard sur la réalité.</p>
<p>Débuter par le &#8220;savoir que&#8221; au contraire c&#8217;est donner le temps à l&#8217;observation, la planification, l&#8217;exploration, l&#8217;audace, la perspective pour chercher ensuite comment atteindre cet horizon remarqué, aperçu, attendu, souhaité, désiré. C&#8217;est construire, améliorer, développer un savoir comment, des compétences et des outils pour concrétiser et réaliser au mieux cet objectif. En d&#8217;autres termes c&#8217;est avancer.</p>
<p>Il faut donc faire ce travail de “savoir que&#8221;. Tout comme il y a une division du travail dans la société, il y a une division du travail épistémologique et il revient à certains de le faire: les penseurs. Ceux-ci doivent penser le monde au delà de ce que nous en savons actuellement. Ces explorateurs d&#8217;horizons inconnu, défricheurs de terra incognita doivent prendre le risque de l&#8217;incertain pour cherche à savoir si justement il y a quelque chose à connaître et donc à faire. Ils dessinent d&#8217;espace de l&#8217;action possible pour permettre de la rendre effective. C&#8217;est parce que cet espace a été arpenté par les générations passées que nous sommes des nains sur des épaules de géants, c&#8217;est parce qu&#8217;il y a eut des Erik le Rouge ou des Christophe Colomb qu&#8217;il est inutile de redécouvrir l&#8217;Amérique.</p>
<p>Ces avancées sont faites il ne faut ni les nier ni les minimiser, mais il est important de comprendre qu&#8217;elles doivent l&#8217;être à tous les niveaux à tous moments et par chacun. Les penseurs, quelques qu&#8217;ils soient ont le devoir de s&#8217;exprimer et de se faire entendre tout comme la société à le devoir de les entendre et de les écouter. Cela implique une prise de risque et de se tenir à la marge de ce que l&#8217;ignore sans tomber ni dans la certitude béate de ce que tout le monde sait déjà ni dans l&#8217;ignorance la plus grasse. Inutile donc d&#8217;écouter ceux qui n&#8217;ont rien à dire pas plus que ceux qui pensent dire quelque chose alors qu&#8217;il n&#8217;en est rien. Le principe de raison resurgit.</p>
<p>Seule l&#8217;audace pourra faire avancer les choses et c&#8217;est bien la peur de l&#8217;inconnu et de la nouveauté qui conforte le conformisme et le conservatisme avec son lot inquiétant de protectionisme, passésisme et intolérance. Cela implique également que le savoir de perspective peut parfois être inattendu et rarement satisfait le démagogue et le populiste. Croire que suivre la pensée molle, le consensus minimal et ce que l&#8217;on croit que l&#8217;autre pense à partir de ce qu&#8217;il fait revient à s&#8217;assurer de pagayer à rebours en donnant au public ce qu&#8217;il voit déjà plutôt que d&#8217;ouvrir sa curiosité et développer chez lui l&#8217;attente de ce qu&#8217;il voudra voir. Mais il serait tout aussi absurde de croire que choquer ou de prétendre à l&#8217;inovation radicale est suffisant pour ouvrir de nouvelles perspectives: l&#8217;intérêt n&#8217;est pas de se couper de la réalité et de la dénigrer mais de partir de là où elle se trouve pour l&#8217;emmener un peu plus loin, cela exige donc une observation et une compréhension du savoir actuel pour le développer à partir de lui-même vers son prolongement et son dépassement. Bien souvent le savoir comment est devenu implicite par le fait de l&#8217;habitude, le savoir que doit commencer par le rendre explicite et l&#8217;expliquer pour comprendre comment il pourrait être et donc devrait être. C&#8217;est un travail plus compliqué et laborieux que les prétendants au génies voudraient le croire. C&#8217;est le prix du vrai savoir, celui qui est utile et pertinent: celui qui peut se transformer en action; passer du savoir que au savoir comment.</p>
<p>Plus que l&#8217;opposition entre le savoir que et le savoir comment, c&#8217;est leur ordre qui importe: l&#8217;un ouvre sur l&#8217;avenir, l&#8217;autre sur le passé. Il s&#8217;agit tant d&#8217;un choix de société qu&#8217;un impératif moral de raison.</p>
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		<title>Le bonheur est dans le près</title>
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		<pubDate>Mon, 15 Aug 2011 18:40:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benjamin Sylvand</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La lutte contre la solitude est Grande Cause Nationale 2011. Une étude de l&#8217;INSEE de 1999 faisait ressortir que 30% des français vivent seuls et un rapport de la Fondation de France souligne qu&#8217;un dixième de la population a moins de trois conversations privées par an. À l&#8217;heure des NTIC (nouvelles technologies de la communication), des mobiles, &#8230;<p><a href="http://bsylvand.wordpress.com/2011/08/15/le-bonheur-est-dans-le-pres/" class="more-link">Lire la Suite</a></p><img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=bsylvand.wordpress.com&amp;blog=12293351&amp;post=69&amp;subd=bsylvand&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La lutte contre la solitude est <span style="color:#808080;"><a title="Grande Cause Nationale 2011" href="http://www.gouvernement.fr/gouvernement/la-lutte-contre-la-solitude-grande-cause-nationale-2011" target="_blank"><span style="color:#808080;">Grande Cause Nationale 2011</span></a>.</span> Une<span style="color:#808080;"><a title="étude INSEE" href="http://insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/ip678.pdf" target="_blank"><span style="color:#808080;"> étude de l&#8217;INSEE</span></a><span style="color:#808080;"><a title="étude INSEE" href="http://insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/ip678.pdf" target="_blank"> </a><span style="color:#000000;">de 1999 faisait ressortir que 30% des français vivent seuls et un <span style="color:#808080;"><a title="rapport Fondation de France" href="www.fondationdefrance.org/.../3/.../Synthèse+Les+Solitudes+en+2010.pdf" target="_blank"><span style="color:#808080;">rapport de la Fondation de France</span></a></span> souligne qu&#8217;un dixième de la population a moins de trois conversations privées par an. À l&#8217;heure des NTIC (nouvelles technologies de la communication), des mobiles, SMS, Facebook, Google+, Meetic et autres réseaux sociaux, il est légitime de se demander comment est-il encore possible de rester seul au XXIe siècle</span></span></span>.</p>
<p>Évidemment, si la réponse était simple quelqu&#8217;un aurait déjà ouvert un site internet et déposé le brevet.</p>
<p>La question de la solitude et de l&#8217;isolement est à rapprocher de celle plus large du tissu social et du vivre ensemble, mis à mal ces derniers temps. Les révoltes urbaines, les velléités protectionnistes suscitées par la cherté de la vie, encouragent un sentiment xénophobe latent quand il ne tourne pas franchement au massacre comme sur l&#8217;île d&#8217;Utøya. Ce sentiment est celui de ne plus se sentir à sa place dans son environnement et se reporte sur le ressentiment que l&#8217;autre occupe sa place ou bien que son espace est limité par autrui. Bien entendu cela repose sur une psychologie quelque peu simpliste égocentrée et statique qui pense qu&#8217;un environnement nous est dû et que nous en occupons le centre. Les problèmes surgissent assez vite lorsque plusieurs centres du monde occupent le même monde et doivent cohabiter.</p>
<p>Les études sur la solitude et l&#8217;isolement montrent combien il est facile de casser du lien social, que celui-ci est fragile et se rompt aisément. Cela indique par contraste que le lien social ne peut se maintenir de manière passive. En fait c&#8217;est un peu comme un héritage: si les descendants comptent uniquement sur l&#8217;apport des ascendants pour leur fortune très vite celle-ci va s&#8217;épuiser et les laisser sur la paille. La fortune exige de la faire fructifier et travailler et donc un effort pour se maintenir et croître. Le lien social exige de consolider les relations existantes et d&#8217;en former d&#8217;autre au risque de s&#8217;étioler et de disparaître tout à fait, d&#8217;ennui ou de mort naturelle.</p>
<p>Mais un autre facteur entre en jeu, celui de la réalité. Les rapports humains exigent une réalité qu&#8217;il faut entendre de la manière la plus basique et primaire qui soit. Un bon repas n&#8217;est pas un repas virtuel mais un repas qui rempli la panse et satisfait les papilles. Et cela est valable pour tous les échanges, des plus primaires au plus subtiles: un salut est une caresse interactionnelle sociale plus efficace si il est dit de vive voix que s&#8217;il est lue sur un écran, le frisson dans le dos n&#8217;est pas le même, tout comme les relations sexuelles sont toujours plus intenses en vrai qu&#8217;en virtuel.</p>
<p>Cette réalité renforce les interactions simplement parce qu&#8217;elle les placent dans un même espace et un même temps. Plus que des intérêts ou des mots, nous partageons alors un même environnement, un même monde, les interactions ont alors des conséquences directes sur nous et notre monde sans qu&#8217;il soit possible de s&#8217;y dérober simplement en appuyant sur une touche et en zappant à autre chose. L&#8217;espace et le temps réels, ceux de notre environnement immédiat, lieu de nos actions et de nos échanges, ont une texture et une consistance plus tangible de toute autre, surtout virtuelle, mais ils sont aussi plus exigües et lents que les autres le laissent espérer. Si l&#8217;internet peut donner l&#8217;illusion de l&#8217;omnisciente et de l&#8217;omnipotence, notre savoir réel et notre mobilité le sont nettement moins. Et c&#8217;est heureux car ils sont justement limités par la réalité, c&#8217;est leurs spécificités dans un ici et maintenant les déterminent contrairement aux possibles abstraits qui restent indéterminés et indécis, donc intangibles et inatteignables. Mieux vaut moins mais réel que beaucoup mais jamais.</p>
<p>Le repli sur soi est un aveu d&#8217;échec et d&#8217;impuissance et une forme de régression. C&#8217;est ne pas être capable d&#8217;admettre et d&#8217;accueillir autrui dans son environnement, ne pas savoir partager et s&#8217;ouvrir et finalement s&#8217;enfermer, s&#8217;étioler et dépérir seul, isolé des autres. S&#8217;ouvrir présente un risque, immense, celui de partager son monde et donc de devoir le réviser au contact d&#8217;autrui pour lui laisser une place et un espace de communication, d&#8217;entente et de partage, qui implique une compatibilité possible entre ces deux manière des penser et concevoir le monde, ce qui suppose de prendre du recul avec soi-même et d&#8217;accepter le cas échéant de modifier un peu sa vision du monde ou bien de la défendre face à l&#8217;autre qui la remet en cause et la fragilise. Mais c&#8217;est tout là l&#8217;intérêt des rapports sociaux et qui en fait toute la richesse. C&#8217;est parce qu&#8217;ils ne sont pas déjà acquis qu&#8217;ils permettent d&#8217;évoluer.  C&#8217;est une ruse de la nature pour opérer l&#8217;évolution de l&#8217;espèce. S&#8217;y soustraire est perdre la partie de la sélection naturelle.</p>
<p>Les NTIC ont fait croire que les rapports sociaux ne pouvaient se passer d&#8217;elles ou bien parce qu&#8217;ils n&#8217;étaient pas dignes d&#8217;intérêt sans elles ou bien même qu&#8217;ils étaient carrément impossibles. De nos jours il est plus facile d&#8217;espionner nos voisins que de leur dire bonjour. Il est vrai que les NTIC facilitent la tache comme n&#8217;importe quel outils rend plus simple une action laborieuse. Qui songerait planter un clou avec la main quand il dispose d&#8217;un marteau? Téléphoner à un ami à l&#8217;autre bout de la Terre est plus efficace que d&#8217;essayer de crier assez fort. Mais cela n&#8217;empêche pas que pour utiliser un marteau il faut déjà avoir un clou, un téléphone, un interlocuteur.</p>
<p>En somme les NTIC en tous genres ne sont que des outils qui optimisent des interactions mais en aucun cas s&#8217;y substituent. Le mieux est donc de commencer par le commencement et de faire comment avant en essayant sans. Avant de conduire une super-car il est bon d&#8217;apprendre avec un véhicule plus modeste.  L&#8217;exercice est plus sérieux et profond qu&#8217;il n&#8217;y paraît. Lorsque je demandais aux étudiants en cinéma de réfléchir au film qu&#8217;ils feraient s&#8217;il y avait une coupure de courant où s&#8217;ils étaient coincés dans un endroit sans électricité, ils ne savaient quoi répondre. Dépendre d&#8217;une technique, d&#8217;une technologie, d&#8217;un outil ou de tout autre élément contingent de son environnement est courir le risque de perdre un moyen action au moindre changement de cet environnement. Or une panne de courant n&#8217;est pas aussi rare que ça si j&#8217;en crois les excuses invoquées pour ne pas rendre les devoirs à temps. La question est toujours la même: que puis-je faire de moi-même sans devoir attendre un deus ex machina? Comment réaliser un film avec les moyens du bord? Si vous parvenez à répondre positivement à cette énigme alors vous ferrez un très bon film avec un meilleur matériel, sinon malgré le meilleur matériel possible nous ne saurez pas plus en faire un qu&#8217;avec ce que vous avez déjà. Il en va de même pour toutes autres actions, inclues les interactions humaines.</p>
<p>Il est plus facile de dire les choses que de les faires. Certes, et la critique manquera pas de dire que cela ne répond pas à la question de savoir où et comment on trouve des amis.</p>
<p>En fait, nommer les choses permet déjà de répondre en partie à cette interrogation. Si le problème réside dans la manière de voir, de penser et de structurer l&#8217;environnement, avant d&#8217;essayer de le meubler et de le peupler, il faut le penser ou le repenser. Croire qu&#8217;il suffit de fermer les frontières et d&#8217;expulser l&#8217;étranger pour faire baisser le chômage c&#8217;est s&#8217;aveugler sur le pourquoi du chômage. Croire qu&#8217;il suffit de s&#8217;inscrire sur un site de rencontre pour trouver l&#8217;amour c&#8217;est se méprendre sur ce qu&#8217;est l&#8217;amour. Il faut s&#8217;interroger sur les fonctions et les actions admises, requises et acceptées comme méritant d&#8217;être rétribuées pour résoudre le chômage. Peut-être s&#8217;apercevra-t-on alors que des personnes perçoivent un salaire alors qu&#8217;elles ne font rien et que d&#8217;autres sont indispensables alors qu&#8217;elles ont taxées de fainéantes (songez au nombre de malades guéris à moindre coup lorsqu&#8217;en 1992 l&#8217;Organisation Mondiale de la Santé a déclassifiée l&#8217;homosexualité comme maladie). Et cette nouvelle cartographie sociale ne sera pas qu&#8217;un simple tour de passe-passe si elle faite correctement. Tout comme l&#8217;amour ne peut se trouver que s&#8217;il est penser en tant que tel, c&#8217;est-à-dire non pas comme un idéal béat de conte de fée, mais comme le partage d&#8217;un sentiment s&#8217;épanouissant dans la magnificence de l&#8217;autre: plus que le bonheur propre et égoïste l&#8217;amour et l&#8217;ouverture à l&#8217;autre gratuite et totale dans l&#8217;affirmation de soi à travers autrui. L&#8217;amoureux jouit du bonheur de son partenaire sans jalousie et c&#8217;est ce qui le rend lui-même heureux. Tant qu&#8217;il n&#8217;a pas compris cela et n&#8217;est pas dans cet état d&#8217;esprit il ne trouvera jamais de partenaire, pas plus ici que là bas.</p>
<p>La solitude est un faille dans la conception de l&#8217;environnement humain. Les prothèses technologiques ont pu laisser croire aux vaines illusions de la dissolutions des limites spatiales et temporelles et brouiller celles du possible et du réel. L&#8217;attitude la plus simple pour y remédier et de revenir à soi, à son monde, à ce que l&#8217;on veut et ce que l&#8217;on peut. Il y a des gens heureux qui ne connaissent que ceux qui les entourent, et il y a que celui qui ne s&#8217;y intéresse pas qui croit que le bonheur est ailleurs. Il se trompe. Le seul bonheur qui vaille et celui qui peut se vivre, tout autre n&#8217;est que chimère.</p>
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		<title>Savent-ils seulement ce qu&#8217;ils font?</title>
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		<pubDate>Sun, 14 Aug 2011 12:51:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benjamin Sylvand</dc:creator>
				<category><![CDATA[à propos du monde]]></category>

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		<description><![CDATA[Les différentes crises qui touchent actuellement l&#8217;humanité rappellent combien celle-ci est fragile. Des inondations en Chine à l&#8217;accident nucléaire de Fukushima en passant par la famine dans la corne de l&#8217;Afrique au tremblement de terre en Haïti ou à l&#8217;effondrement de l&#8217;économie en Occident, partout et sans répit l&#8217;homme est confronté à des situations qui &#8230;<p><a href="http://bsylvand.wordpress.com/2011/08/14/savent-ils-seulement-ce-quils-font/" class="more-link">Lire la Suite</a></p><img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=bsylvand.wordpress.com&amp;blog=12293351&amp;post=51&amp;subd=bsylvand&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les différentes crises qui touchent actuellement l&#8217;humanité rappellent combien celle-ci est fragile. Des inondations en Chine à l&#8217;accident nucléaire de Fukushima en passant par la famine dans la corne de l&#8217;Afrique au tremblement de terre en Haïti ou à l&#8217;effondrement de l&#8217;économie en Occident, partout et sans répit l&#8217;homme est confronté à des situations qui le dépassent et le mettent à mal.</p>
<p>Cet état de fait revigore le fatalisme. Que faire face à l&#8217;ampleur de ces crises?</p>
<p>Tout d&#8217;abord un constat d&#8217;impose: ces crises sont là, c&#8217;est un état de fait qu&#8217;il est inutile de chercher à nier ou changer à coup de contrefactuel. Il ne s&#8217;agit pas de savoir ce qu&#8217;il aurait pu advenir ou ce que nous aurions pu faire si la situation était différente; la situation est là et il faut faire avec. Ce rappel au principe de réalité est une lapalissade qu&#8217;il n&#8217;est toutefois pas inutile de souligner. Ensuite il n&#8217;est pas mauvais d&#8217;essayer de comprendre pourquoi cette situation advient afin d&#8217;essayer de la corriger au mieux. Il serait absurde se reconstruire Haïti comme avant le séisme sur la simple raison qu&#8217;il faut reconstruire les maisons détruites sans prendre en considération le fait qu&#8217;elles l&#8217;ont été dû fait d&#8217;un tremblement de terre et inclure ce paramètre dans des constructions anti-sismiques qui pourront peut-être atténuer les conséquences qu&#8217;un autre tremblement de terre. Ne pas faire ce travail d&#8217;analyse revient tout simplement à ne pas vouloir voir la situation telle qu&#8217;elle est.</p>
<p>Mais déjà le fatalisme vacile. Analyser la situation pour comprendre comment les choses ont pu en arriver là fait ressortir le fait qu&#8217;elles ne l&#8217;ont pu qu&#8217;avec un sacré coup de main de notre part nous autres humains. Certes nous ne sommes pas responsables de tout ni même de grand chose peut-être et certainement pas des raisons suffisantes de ces catastrophes, ce serait présomptueux, mais peut-être bien de leurs conditions nécessaires. Certes nous autres n&#8217;y pouvons pas grand chose si l&#8217;indice de marée fut exceptionnel sur la Côte Atlantique et que cela a engendré des inondations meurtrières, mais en soi la marée ne cherchait pas spécialement à tuer, il est même fort probable qu&#8217;elle ignorait qu&#8217;ici il y avait des lotissements. Si n&#8217;y avait pas eut ces lotissements ici, l&#8217;eau serait quand même montée, mais il n&#8217;y aurait pas eu de victimes. Ce calcul des risques c&#8217;est aussi à nous autres humains de l&#8217;effectuer, de l&#8217;interpréter et de le prendre en compte, la nature nous a justement doué d&#8217;intelligence pour cela. C&#8217;est parce qu&#8217;elle savait que l&#8217;eau l&#8217;ignorait qu&#8217;elle a voulu que nous puissions l&#8217;anticiper et le penser. Or nous ne l&#8217;avons pas fait. Non, plus exactement nous l&#8217;avons fait, dû moins certains experts l&#8217;ont fait (c&#8217;est dans ce but que le Plan de prévention des risques inondation, le PPRI avait été créé en 1995, et d&#8217;ailleurs mis en garde des constructions dans les zones touchées par la tempête Xynthia) mais ils n&#8217;ont pas été écouté.</p>
<p>Or, le vrai problème est là. Le point le plus important est l&#8217;action, c&#8217;est elle qui engendre l&#8217;interaction la plus forte avec l&#8217;environnement et c&#8217;est elle qui conditionne en définitive notre représentation du monde mais aussi et surtout à la manière dont nous l&#8217;habitons. Plus l&#8217;action est physique et concrète plus elle a d&#8217;impact. Construire une maison a comme cela plus d&#8217;impact que la rédaction d&#8217;un rapport sur les risques d&#8217;inondation. Dire cela n&#8217;est pas établir une échelle d&#8217;évaluation et dire qu&#8217;un vaut mieux ou plus que l&#8217;autre, c&#8217;est simplement rappeler que plus une action est spécifique et précise plus elle est difficile à généraliser car dépend plus fortement de la situation où elle s&#8217;ancre. Se tromper dans la prévision d&#8217;un coefficient de marée a pour cela moins de conséquence que de se trouver dans la maison submergée par cette même marée. L&#8217;action est la résultante d&#8217;un choix. La zone inondable aurait pu restée non construite, mais un choix a été fait de la construire. Faire un choix implique de l&#8217;assumer à travers la chaîne de décision qui y a conclu. Et c&#8217;est parce que ce choix résulte d&#8217;une chaîne de décisions assumées, de raisons, que son auteur en est responsable et à ce titre redevable, il doit être capable d&#8217;expliquer et de rendre compte de ces raisons. Dans les inondations vendéennes il serait vain et absurde de vouloir faire un procès à l&#8217;océan ou à la nature, eux ne rendent pas compte de leurs raisons, par contre il est tout à fait légitime de le faire aux responsables du plan d&#8217;urbanisme et des constructions.</p>
<p>La question qui apparaît maintenant est celle de la responsabilité des choix. Lorsqu&#8217;un responsable politique explique qu&#8217;il ne peut pas faire grand chose contre le chômage ou le pouvoir d&#8217;achat à cause de la crise ou de la conjoncture économique mondiale, la seule conclusion qui s&#8217;impose n&#8217;est pas le fatalisme mais bien d&#8217;admettre qu&#8217;il n&#8217;y est pour rien. Le principe de charité doit même s&#8217;appliquer aux responsables politiques. Donc de deux choses l&#8217;une: ou bien le chômage ou le pouvoir d&#8217;achat ne dépendent pas de la crise ou de la conjoncture mondiale et alors la justification du responsable politique n&#8217;est pas pertinente, ou bien le chômage ou le pouvoir d&#8217;achat dépendent de la crise et de la conjoncture économique mondiale mais le responsable politique est dépassé par la situation et n&#8217;arrive pas à agir sur ces facteurs et alors il est irresponsable ou incompétent, et mieux vaut directement s&#8217;adresser au responsable capable d&#8217;agir sur le chômage ou le pouvoir d&#8217;achat et donc, si la cause en est vraiment la crise ou la conjoncture, sur elles.</p>
<p>La catastrophe de Fukushima au Japon nous montre un exemple du problème. Lors d&#8217;une réunion entre des habitants de la région et des responsables du gouvernement est apparu la distance qu&#8217;il y a entre la capacité d&#8217;agir et l&#8217;action que demande la situation de la part des responsables:</p>
<span style="text-align:center; display: block;"><a href="http://bsylvand.wordpress.com/2011/08/14/savent-ils-seulement-ce-quils-font/"><img src="http://img.youtube.com/vi/rVuGwc9dlhQ/2.jpg" alt="" /></a></span>
<p>&nbsp;</p>
<p>Indépendamment de la question de fond, c&#8217;est l&#8217;interaction entre les différents protagonistes qui est intéressante ici. Les uns cherchent non pas tant des coupables ou des responsables que des personnes capables d&#8217;agir afin de modifier une situation intenable. Les autres cherchent à expliquer qu&#8217;ils n&#8217;y peuvent rien et à faire croire que c&#8217;est tout ce qu&#8217;ils font et peuvent faire. Il est évident que ce n&#8217;est pas suffisant. Cela ne signifie pas qu&#8217;il est facile d&#8217;agir dans ce contexte sur ces conditions, mais qu&#8217;il est inadmissible de se contenter de croire que ne rien faire est suffisant ou de chercher à minimiser la situation plutôt que d&#8217;interagir avec et dessus. La conclusion est claire: ce ne sont pas les bons responsables, et par conséquent il faut les démettre de leurs responsabilités, au moins pour les libérer de devoir assumer un choix qu&#8217;ils ne peuvent faire, et surtout pour faire ce qui doit être fait, c&#8217;est-à-dire  agir.</p>
<p>Toute personne rationnelle (et suivant le principe de charité, tout être humain) comprend les raisons qui lui sont avancées pour justifier un choix et une action. C&#8217;est parce qu&#8217;elle les comprend qu&#8217;elle est capable de se prononcer dessus, des évaluer, de les juger et des accepter ou de les refuser. Suivant cela toute personne est capable de comprendre et d&#8217;admettre par exemple qu&#8217;il faudrait évacuer les habitants d&#8217;une zone à risque ou bien réévaluer les dépenses publiques afin d&#8217;équilibrer un budget.  La preuve en est qu&#8217;une personne est tout à fait capable de réduire son train de vie et faire des sacrifices pour ne pas dépenser au delà de ses ressources. Mais cela requière de poser honnêtement la situation et de la regarder objectivement, avec recul, et de l&#8217;analyser pour structurer une approche efficace afin de la faire évoluer dans un sens permettant de faire plus de choix et de meilleurs choix et d&#8217;enrichir les interactions avec par la suite. Cela paraît audacieux, pourtant c&#8217;est le comportement le plus rationnel et le plus évident que nous autres humains puissions adopter. Pourquoi alors ne pas essayer?</p>
<p>Prenez n&#8217;importe qu&#8217;elle situation et réfléchissez-y en ces termes. Oui, les changements engendrés sont bouleversants&#8230;</p>
<h2></h2>
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		<title>Le mur ou la  communication de l&#8217;échec</title>
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		<pubDate>Sat, 13 Aug 2011 09:38:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benjamin Sylvand</dc:creator>
				<category><![CDATA[à propos du monde]]></category>
		<category><![CDATA[échec]]></category>
		<category><![CDATA[Berlin]]></category>
		<category><![CDATA[Birmanie]]></category>
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		<category><![CDATA[Israel]]></category>
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		<category><![CDATA[morale]]></category>
		<category><![CDATA[Mur]]></category>
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		<description><![CDATA[Il y a 50 ans était érigé le mur de Berlin. Les partisans de la liberté qui se placent volontiers du bon côté du monde et de la morale (l&#8217;axe du bien versus l&#8217;axe du mal) se sont érigés contre cette infamie arguant de la faiblesse de celui qui ne peut regarder son ennemie en face et &#8230;<p><a href="http://bsylvand.wordpress.com/2011/08/13/le-mur-ou-la-communication-de-lechec/" class="more-link">Lire la Suite</a></p><img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=bsylvand.wordpress.com&amp;blog=12293351&amp;post=21&amp;subd=bsylvand&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a 50 ans était érigé le mur de Berlin.</p>
<p>Les partisans de la liberté qui se placent volontiers du bon côté du monde et de la morale (l&#8217;axe du bien versus l&#8217;axe du mal) se sont érigés contre cette infamie arguant de la faiblesse de celui qui ne peut regarder son ennemie en face et ne peut écouter le libre penseur qu&#8217;une fois dûment bâillonné. Toute séparation est un aveu d&#8217;échec et entérine l&#8217;impossibilité d&#8217;une relation capable de faire de la place pour chacun des participants. Le paradoxe de l&#8217;ennemie est qu&#8217;il est une relation monadique contrairement à toute relation cumminicationnelle normale qui implique au moins un autre participant que soi-même. L&#8217;ennemie est celui qui nous met nous-mêmes en échec dans la mesure où il nous montre une faille, une incapacité ou une impossibilité de faire de la place pour autrui sans devoir le nier ou l&#8217;exclure de notre environnement. L&#8217;ironie étant que pour se faire il est bien souvent nécessaire de restreindre notre propre environnement, incapables que nous sommes de pouvoir exclure tout à fait l&#8217;autre de la réalité. Et cette crainte de l&#8217;autre n&#8217;est en définitive qu&#8217;une crainte de nous-mêmes, crainte devant notre faiblesse à lui faire face.</p>
<p>Le second paradoxe attaché à cette relation est sa justification: l&#8217;axe du bien n&#8217;hésite pas à user de torture, de terrorisme d&#8217;état, de violence et de guerre sous couvert d&#8217;une légitimité particulière: le mal ne doit jamais gagner donc tous les moyens sont bons pour justifier son extermination et son éradication, fussent-ils plus violents que ceux qu&#8217;il emploie lui-même. Cette conception repose sur une notion essentialiste de la morale: quelqu&#8217;un de bon l&#8217;est toujours et nécessairement sans pouvoir changer d&#8217;état, l&#8217;inverse en découlant.</p>
<p>Ainsi le mur de Berlin fut le mur de la honte parce qu&#8217;édifié par les soviétiques et donc nécessairement mauvais. Sur la même base de raisonnement, ceux qui partagent cet avis accepteront sans problème que le mur israélien en construction depuis 2002 afin de se séparer des territoires palestiniens (<span style="color:#808080;"><a title="mur israélien" href="http://www.securityfence.mod.gov.il/Pages/ENG/operational.htm" target="_blank"><span style="color:#808080;">mur israélien</span></a></span>)  ou bien la grille construite par les États Unis d&#8217;Amérique pour renforcer leur frontière avec le Mexique (<span style="color:#808080;"><a title="mur américain" href="http://georgewbush-whitehouse.archives.gov/news/releases/2006/10/20061026-1.html" target="_blank"><span style="color:#808080;">mur américain</span></a></span>), sont nécessairement du bon côté de la morale, mais condamneront celui de la junte birmane d&#8217;avec le Bangladesh (<span style="color:#808080;"><a title="mur birman" href="http://en.wikipedia.org/wiki/Indo-Burma_barrier" target="_blank"><span style="color:#808080;">mur birman</span></a></span>). En fait, tout dépend de quel côté on regarde le mur.</p>
<p>Évidemment que d&#8217;un côté on dira que le mur à pour fonction d&#8217;empêcher l&#8217;ennemie de venir (et c&#8217;est bien la justification que donnent les gouvernements américain et israélien) et de l&#8217;autre que c&#8217;est pour empêcher les gentils de sortir. Qu&#8217;importe puisque du moment que la séparation est actée et matérialisée la relation est coupée, l&#8217;autre est nié et le problème n&#8217;est plus censé se posé, réglé qu&#8217;il est par la séparation.</p>
<p>L&#8217;erreur est là. Elle est de penser que nier l&#8217;autre suffit pour s&#8217;en débarrasser. L&#8217;amoureux éconduit sait que ce n&#8217;est pas le cas et que l&#8217;absence est souvent bien plus envahissante. Les sciences cognitives nous montre qu&#8217;il est plus facile de remplacer une croyance en disharmonie avec son système avec une plus forte que d&#8217;essayer de la supprimer. Essayer de ne plus penser à quelque chose: voilà un beau paradoxe pragmatique.</p>
<p>L&#8217;histoire est une forme de communication et tout comme la séparation est un aveu d&#8217;échec relationnel et proxémique: la discrimination, l&#8217;ostracisme, le protectionisme et l&#8217;isolement finissent toujours par asphyxier celui qui croyait se protéger.</p>
<p>L&#8217;URSS a fini par s&#8217;écrouler par elle-même non pas parce qu&#8217;elle était physiquement construite sur de l&#8217;argile mais parce qu&#8217;elle a fini épuiser son énergie en refusant de la renforcer au contact des autres. À vouloir vaincre sans combattre on fini par se défaire contre soi-même.</p>
<p>Le bon sens veut qu&#8217;il faut agir de sorte de ne pas avoir d&#8217;ennemie. Il serait hasardeux de penser que le compromis à tout prix ou la démagogie permet de la réaliser. D&#8217;ailleurs une autre maxime affirme avec sagesse que si j&#8217;ai pardonné à tous mes ennemies, j&#8217;en garde la liste.</p>
<p>L&#8217;erreur est d&#8217;adopter un système statique de pensées et de valeurs. L&#8217;essentialisme morale entrave l&#8217;action jusqu&#8217;à la nier et conduit à l&#8217;aveuglement et à la délusion. Les USA considèrent par exemple qu&#8217;ils sont nécessairement du côté du bien parce que leurs valeurs ont toujours gagnées et vaincues sur celles qu&#8217;ils combattent. Ils en prennent pour preuve leur victoire sur le nazisme sans penser le Vietnam, la Corée, l&#8217;Irak ou l&#8217;Afganistan comme des échecs. L&#8217;état d&#8217;Israel considère qu&#8217;il est légitime de ne pas reconnaître et de parquer les palestiniens sous prétexte qu&#8217;il ne peut faire du mal du fait des horreurs de la Shoah.</p>
<p>Cependant les mêmes fautes sont comises. Tout comme les camps de la mort n&#8217;ont pu exterminer la vie, une séparation ne peut anéantir une relation. Elle ne fait que bloquer et entraver la situation et finalement la scléroser, l&#8217;aggraver, la figer et la rendre explosive.</p>
<p>Penser la dynamique de la relation c&#8217;est être en mesure de la faire évoluer, de la modifier, de la transformer afin de la rendre viable, acceptable, harmonieuse ou tout simplement compatible avec soi, c&#8217;est-à-dire avec notre système de valeurs, ce que nous croyons, pensons, voulons, acceptons, désirons. Mettre un terme à une relation reste une option de communication, mais cela ne revient pas à la nier mais à la terminer; la nuance est de taille. Car alors il est possible de passer à autre chose, sans remord ni regret et de pouvoir construire sur des bases saines et solides. Cela demande un effort d&#8217;ouverture à l&#8217;autre mais aussi et surtout à soi.  Mais que vaut-il mieux: être respecté des autres ou croire qu&#8217;on en est craint?</p>
<p>Alors, en ce jour de commémoration du cinquantième anniversaire de l&#8217;édification du mur de Berlin, essayons d&#8217;appliquer les réflexions qu&#8217;il a suscité aux autres murs encore debout.</p>
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